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Traitement de l’incontinence anale

Posté le 29/11/2017 par Julie | Infirmière

Traitement de l’incontinence anale

Survenant chez la moitié des patients âgés en résidence, l’incontinence anale reste un symptôme sous-évalué dans la population générale du fait de son caractère dégradant. Les traitements sont toutefois disponibles et efficaces.

Les mesures hygiéno-diététiques pour traiter l’incontinence anale

L’incontinence anale, qu’il s’agisse d’une impossibilité de retenir des selles ou des gaz, trouve une solution dans la prise en charge de la cause directe. Mais quelques changements vont devoir s’imposer, notamment dans la façon de s’alimenter afin d’apporter plus de consistance aux selles. Contrairement aux idées reçues, réduire l’apport en eau ne rend pas les selles plus consistantes, elles seront juste plus dures. Plus d’eau et plus de fibres vont rendre les selles plus consistantes, la première solution en cas de selles trop liquides. La rééducation des intestins se fera tous les jours. Des exercices ciblant les muscles abdominaux profonds, le périnée et les sphincters de l’anus peuvent être travaillés avec l’aide d’un kinésithérapeute. Aller tous les jours à la selle à des heures régulières est un excellent moyen de reprendre le contrôle ou du moins diminuer le risque d’avoir des fuites.

Les traitements médicamenteux contre l’incontinence fécale

Les médicaments utilisés dans le traitement de l’incontinence anale agissent soit en changeant la consistance des selles soit en ralentissant leur passage. La plupart de ces produits sont délivrés sans ordonnance. Il y a les produits de supplémentations en fibres sous plusieurs formes : poudre, gélules… Il y a aussi les médicaments anti-diarrhéiques comme le lopéramide qui diminue la vitesse de passage des matières dans l’intestin. Certains laxatifs sont utilisés de manière temporaire pour faire passer des selles rapidement quand on le souhaite mais ils restent peu recommandés car ils risquent d’aggraver l’incontinence.

Les traitements chirurgicaux

Lorsque les traitements médicamenteux échouent et lorsque la cause le justifie, on peut envisager une prise en charge chirurgicale. Le prolapsus des organes est une des causes d’incontinence que l’on traite par la chirurgie. Quant aux lésions des sphincters anaux, elles peuvent bénéficier d’une sphinctéroplastie qui se résume au fait d’enlever la zone endommagée et de recoudre le sphincter ou de greffer un muscle provenant de la cuisse. La greffe d’un sphincter artificiel constitue la solution ultime quand les dommages sont sérieux. Le prolapsus rectal bénéficie d’un traitement chirurgical efficace avec la remise en place des organes et la réfection des muscles abîmés. Quant aux hémorroïdes, responsables d’une mauvaise fermeture du sphincter de l’anus, ils peuvent être incisés pour être enlevés par laser ou par la chirurgie classique. La colostomie est un traitement radical que le chirurgien propose lorsqu’on a épuisé tous les traitements possibles. C’est le fait d’aboucher le contenu des intestins vers un anus artificiel au niveau de la paroi abdominale.

Les traitements locaux contre l’incontinence anale

Pour compléter la panoplie de traitements, il faut mentionner les injections péri-anales. L’efficacité réelle de ces produits reste encore sous surveillance et les recherches se poursuivent. En effet, ces produits assimilés aux injectables péri-urétraux utilisés pour l’incontinence urinaire pourraient être la solution ultime pour la prise en charge de l’incontinence anale sévère. De plus, leur action locale devrait être plus rapide et mieux ciblée.