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L’incontinence anale, une pathologie répandue, mais souvent tue

Incontinence anale ou fécale : un dysfonctionnement qui affecte le quotidien et l’estime de soi. 

L'incontinence fécale, un dysfonctionnement qui affecte l'estime de soi.


On estime à 1 million en France le nombre de personnes atteintes d’incontinence anale. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ? C’est l’impossibilité de retenir ses gaz intestinaux ou sporadiquement, des selles liquides. Parmi elles, 350 000 personnes souffrent d’incontinence fécale, c’est-à-dire l’impossibilité régulière à retenir leurs selles. Une affection quasiment ordinaire, mais souvent cachée, car entourée de gêne, voire de culpabilité. Commençons par mieux comprendre le phénomène, pour savoir comment vous aider à mieux vivre ce désagrément.

Les causes de l’incontinence anale

Comme souvent dans les problèmes d’incontinences, les causes sont multiples et peuvent se combiner. Voici les facteurs déclencheurs les plus courants de ce type d’incontinence :

  • Traumatismes et actes chirurgicaux liés à la zone périnée/sphincter anal : déchirement lors de l’accouchement, opération des hémorroïdes, suite d’une fracture du bassin, endommagement des nerfs du sphincter...
  • Malformations : fistule anale, prolapsus…
  • Maladies neurologiques : maladies d’Alzheimer et de Parkinson qui affectent les facultés mentales et par extension, la maîtrise de certaines fonctions corporelles.
  • Constipation chronique : les efforts répétés pour évacuer les selles finissent par distendre le périnée qui ne peut plus fermer le sphincter anal.
  • Grossesse : durant la grossesse et l’accouchement, le périnée se trouve distendu et avec lui, le sphincter anal. Bien souvent, ces dysfonctionnements ne se réveillent qu’au moment de la ménopause.

Les symptômes

Si l’on peut distinguer l’incontinence anale et l’incontinence fécale, il convient de scinder cette dernière en deux catégories :

  • L’incontinence passive, avec production de selles hors de tout contrôle et toute envie. Ce type d’incontinence est souvent la conséquence d’une constipation chronique (distension du périnée).
  • L’incontinence active ou le besoin conscient de déféquer, souvent sous forme de diarrhée, qui revêt un caractère d’urgence.

Comment vivre avec l’incontinence anale ?

Très handicapante au quotidien, l’incontinence est aussi souvent vécue comme une source de honte pour celui ou celle qui en souffre. Ce qui est vrai pour l’incontinence urinaire l’est encore plus pour l’incontinence anale. Son caractère tabou empêche bon nombre de personnes atteintes d’en parler à leur entourage ou même, à leur médecin. Pourtant, c’est un premier pas vers les solutions. Des associations comme « l’association d’aide aux personnes incontinentes » (AAPI) peuvent soutenir les malades, comme les accompagnants.

Enfin, selon le type et l’origine de l’incontinence, il existe des traitements, des réponses chirurgicales ou des dispositifs qui aident à mieux vivre l’incontinence au quotidien.

Les traitements possibles

Le biofeedback (rééducation périnéale)

Le biofeedback est un dispositif de musculation du plancher pelvien qui utilise des sondes (vaginales ou anales) et un écran de contrôle. Cette « gymnastique » s’adresse à celles et ceux dont l’incontinence résulte d’un affaiblissement du périnée (accouchement, constipation chronique, etc.).

La chirurgie

C’est une réponse possible pour certaines malformations — comme un prolapsus extériorisé du rectum — ou pour réparer certaines lésions (rupture sphinctérienne, implantation d’un sphincter anal artificiel…)

Les protections

Bien qu’il ne s’agisse pas de traitements à proprement parler, les protections vont jouer un rôle de tout premier plan. En apportant au patient une sécurité, les protections performantes munies de dispositifs anti-odeurs permettent de retrouver une vie sociale et professionnelle normale. Un grand pas vers le mieux-être et l’autonomie retrouvée.

Les régimes alimentaires et médicaments

Ceux-ci aident à ralentir le transit intestinal et agissent sur la consistance des selles, car la diarrhée favorise l’incontinence. Certains traitements anti- diarrhéiques pourront être utiles, mais il est bon, avant tout, d’adapter son régime alimentaire. Supprimez ou limitez l’alcool et la caféine, évitez les fruits et légumes riches en fibres et ceux qui peuvent augmenter votre transit : figues, grenades, framboises, choux, petits pois… Privilégiez les fruits et légumes riches en pectine : pommes, bananes, carottes et certaines céréales comme le blé et le son.

En parler à votre médecin est la première étape pour dépasser cette épreuve et retrouver un bien-être quotidien.

Incontinence anale ou fécale, parlez-en à votre médecin.

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