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La photothérapie dynamique, un traitement prometteur du cancer de la prostate

Passé 50 ans, le risque de souffrir d’un cancer de la prostate s’accroît. Pour beaucoup d’hommes, cette maladie représente le crépuscule de la jeunesse et de la sexualité. Cette vision n’est pourtant plus si fondée.

Photothérapie dynamique, cancer de la prostate
La prostate est la première cause de cancer chez l’homme. Les méthodes utilisées jusqu’alors pour le combattre étaient l’ablation, la radiothérapie et la curiethérapie. Aujourd’hui se profile un nouveau traitement qui pourrait bien les remplacer dans le cas de cancers peu avancés : la photothérapie dynamique.

Qu’est-ce que la prostate ?

C’est la glande qui dans l’appareil génital masculin fabrique le liquide prostatique. Ce liquide entre dans la composition du sperme pour le rendre plus liquide, facilitant ainsi la mobilité des spermatozoïdes. Outre cette fonction, la prostate joue aussi le rôle de sphincter. Elle entoure l’urètre et les canaux éjaculateurs et, en se contractant, peut bloquer ces canaux.

Pourquoi le cancer de la prostate peut-il engendrer des problèmes érectiles et urinaires ?

En cas de cancer, on procède, le plus souvent, à l’ablation de la prostate. Cet acte chirurgical est une précaution utile qui permet de prévenir au mieux les risques de propagation. Mais cet acte peut bouleverser le fonctionnement de la zone uro-génitale. Et affecter les fonctions urinaires et sexuelles. Non seulement l’urètre perd un sphincter qui empêchait jusqu’alors l’urine de sortir, mais l’ablation en elle même, peut endommager les terminaisons nerveuses qui commandent l’érection… On estime à 80 % le nombre d’opérés souffrant de dysfonctions érectiles.

Ces lésions peuvent-elles être évitées ?

Dans le cadre d’une intervention classique, elles pourraient l’être en théorie. Il faudrait d’une part que le cancer soit diagnostiqué très tôt pour que peu de tissus soient touchés, et d’autre part que le chirurgien puisse ne retirer QUE les parties atteintes. Deux conditions qui, dans les faits, sont rarement réunies. Mais l’utilisation de la photothérapie dynamique pourrait, dans certains cas précis, changer la donne. 

Qu’est-ce que la photothérapie dynamique ?

La photothérapie dynamique est une technique nouvelle, portée en France par le Professeur Abdel-Rahmène Azzouzi du CHU d’Angers. Cette technique peu invasive vise à opérer, entre autres, les cancers de la prostate, sans impacter les fonctions urinaires et érectiles. Cette technique n’est adaptée qu’aux cancers peu évolués.

Elle consiste à repérer dans un premier temps, les contours exacts de la tumeur grâce à l’IRM. Une fois cette zone localisée, le chirurgien se sert de l’échographie pour guider ses gestes lors de l’intervention. Il introduira à travers le périnée, et selon l’importance de la zone, de 7 à 17 aiguilles creuses, lesquelles véhiculent chacune une fibre optique.

Un produit photo sensibilisant (le Tookad Soluble) est alors injecté dans les veines du patient. L’intervention proprement dite peut alors débuter : les fibres optiques laser sont activées (fréquence proche de l’infrarouge), activant du même coup le Tookad Soluble dans les vaisseaux sanguins irriguant la tumeur. Cette réaction va libérer les radicaux libres toxiques, qui ont pour mission de boucher les vaisseaux sanguins de la zone à traiter. Privées de sang — donc d’oxygène — les cellules cancéreuses s’asphyxient, se nécrosent et meurent.
Cellules cancéreuses prostatiques

Cette méthode est-elle efficace ?

Elle l’est, et à plus d’un titre :

  • Après étude sur 155 patients, la photothérapie se montre au moins aussi efficace (risques de récidive) qu’une ablation totale. Parmi ces 155 malades, 83 % d’entre eux (soit 129) présentaient, 6 mois plus tard, une biopsie négative.* 
  • Peu invasive, cette intervention ne dure qu’une heure. Le patient peut rentrer chez lui le soir même, après quelques heures d’observation. La douleur postopératoire est quasi-absente.
  • Les effets secondaires tant urinaires qu’érectiles sont considérablement réduits. Ainsi, 80 % des patients opérés conservent intacte leur fonction érectile.

Peut-on librement choisir ce mode d’intervention ?

Bien qu’approuvée fin 2017 par l’Agence européenne du médicament, l’utilisation de la photothérapie reste minoritaire. En France et dans de nombreux pays européens, son remboursement n’est pas encore systématiquement pris en charge par les caisses maladie.

Mais d’autres techniques ciblées se développent, comme la cryothérapie ou le traitement par ultrasons focalisés de haute intensité. 

*Sources : https://www.reseau-chu.org/article/angers-capitale-de-la-phototherapie-dynamique-du-cancer-localise-de-la-prostate/

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