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L’incontinence à l’effort

Posté le 29/11/2017 par Barbara | Infirmière conseil

On parle d’incontinence d’effort pour définir une fuite urinaire consécutive à une pression abdominale. Cette forme d’incontinence est la plus courante.

L’incontinence d’effort n’est pas synonyme d’effort surhumain. Sans doute avez vous déjà entendu dire : « j’ai ri à en faire pipi dans ma culotte ! » ? Eh bien, c’est une parfaite illustration de l’incontinence d’effort.

Femme allongée sur un tapis faisant des exercices d'étirements

Quels sont les mécanismes et les causes ?

Un peu d’anatomie…

Intéressons-nous à un muscle peu connu jusqu’à ce qu’il nous fasse défaut : le périnée !

Il s’agit de cet ensemble musculaire qui s’arrime sur les os du bassin et recouvre la zone ano-génitale. Il a deux grandes fonctions :

– Un rôle de « barrière de sécurité » pour éviter à nos organes de sortir par le bas de notre abdomen.

– Un rôle de sphincter pour la vessie (via l’urètre), le rectum et le vagin. En se contractant, il commande la fermeture de ces orifices et évite les pertes urinaires ou fécales.

Il arrive souvent que le périnée perde sa tonicité et donc de son efficacité. Grossesse, opération chirurgicale ou fracture du bassin, obésité, constipation chronique, sont autant de facteurs responsables de cette fragilisation.

Que se passe-t-il lorsque le périnée fatigue ?

Quand le périnée perd de sa tonicité, la fonction sphinctérienne perd son efficacité et il devient alors plus difficile de retenir ses urines.

Quand et pourquoi les fuites urinaires se produisent-elles ?

Dans l’incontinence d’effort, la fuite se produit lors d’une action. Cette action n’est pas nécessairement intense d’ailleurs... Il suffit qu’elle génère une pression abdominale, même faible pour conduire à l’incontinence. Les causes sont nombreuses et variées :

  • porter une charge
  • monter un escalier, courir
  • pratiquer certains sports, comme le tennis ou l’athlétisme, les séries d’abdominaux,

mais aussi...

  • rire
  • tousser
  • éternuer.

En fait, toutes les situations où vos abdominaux sont susceptibles de se contracter !

Femmes en talons montant des escaliers

Un mécanisme simple

Lorsque les muscles abdominaux se contractent, il se produit à l’intérieur de notre abdomen une forte pression. Nos organes, dont la vessie, sont comprimés et chassés du haut vers le bas. En temps normal, le périnée anticipe cette mise en pression : il se contracte, durcit et bloque ses sphincters. Il joue parfaitement son rôle de verrou.

Le scénario est différent si notre périnée est faible et sans tonicité… la pression abdominale comprime violemment la vessie. La vessie va laisser échapper l’urine dans l’urètre. Le périnée qui normalement, devrait comprimer l’urètre pour bloquer le liquide n’est plus en mesure de le faire : c’est la fuite !

Une fuite qui ne prévient pas

C’est la particularité de ce type d’incontinence : la fuite se produit alors que vous ne ressentez aucune envie d’uriner. L’urine est expulsée le plus souvent en un jet sans que vous puissiez le prévoir.

Que faire si je souffre d’incontinence à l’effort ?

En attendant de résoudre le problème, choisissez des protections efficaces et discrètes. Les protections anatomiques par exemple, qui s’adaptent à votre morphologie. Elles sont invisibles et même équipées d’un dispositif anti-odeurs.

Dans le même temps, consultez votre médecin qui vous prescrira des séances de rééducation périnéale. Exercice de Kegel, méthode CMP ou posturo-respiratoire, électrostimulation ou biofeedback… les méthodes efficaces ne manquent pas !

On compte de 10 à 20 séances pour que le périnée retrouve son efficacité. La rééducation est efficace dans 80 % des cas. En cas d’échec, votre médecin vous prescrira des séances supplémentaires ou pourra vous orienter vers un protocole chirurgical (sphincter artificiel, ballonnets ou bandelette).

Ce qu’il faut retenir

Aujourd’hui, les méthodes de rééducation sont de plus en plus modernes (courant basse tension, écran de contrôle) et leur efficacité n’est plus à prouver. Les interventions chirurgicales, quant à elles, sont de moins en moins invasives et les techniques parfaitement maîtrisées. Cela signifie que l’incontinence n’est plus du tout une fatalité. Le premier pas, par contre, vous appartient !

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