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Incontinence urinaire : les femmes sont les plus touchées

Posté le 29/11/2017 par Barbara | Infirmière conseil

À partir de 60 ans, un quart des femmes sont touchées par l’incontinence. Et plus d’une femme sur 10 en souffre déjà avant 30 ans. Phénomène injuste, mais qui s’explique.

femme de 60 ans touchée par l'incontinence

Il est des injustices qu’on ne peut corriger. Les caractéristiques physiques et physiologiques des hommes et des femmes se rappellent à nous en matière d’incontinence urinaire. Les femmes ont cette capacité extraordinaire à porter un enfant et à lui donner naissance. Mais, cette conformation physique et physiologique particulière peut devenir source de tracas.

Pourquoi les femmes sont-elles plus exposées à l’incontinence urinaire que les hommes ?

La majorité des hommes qui souffrent d’incontinence doivent cet inconfort aux troubles de la prostate. Cette pathologie apparaît rarement avant l’âge de 50 ans. Les femmes, elles, peuvent être touchées très jeunes. Dès 20 ans.

Les causes sont multiples : 

La conformation physique

L’urètre est ce petit canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur. Fait de tissu élastique, il peut se comprimer sous l’action des sphincters urinaires pour empêcher la miction. Contrairement à l’homme qui possède un urètre assez long, la femme ne dispose que d’un urètre de 31 mm. Cette taille diminuerait même avec l’âge… Par conséquent, la fonction sphinctérienne est moins efficace sur un urètre court et entraîne des fuites urinaires.

De plus, comme le chemin entre l’extérieur et la vessie est plus court, les femmes sont plus exposées et sensibles aux germes — donc aux infections urinaires et irritations vésicales — qui peuvent elles aussi causer des fuites urinaires.

La grossesse

Pendant la grossesse, différentes transformations s’opèrent. Le corps ayant besoin d’éliminer plus de toxines produit beaucoup plus d’urine. Cette urine va remplir la vessie. Dans le même temps, l’utérus va gagner en volume et faire pression sur la vessie, entraînant de possibles fuites urinaires.

Puis, peu à peu, le fœtus grandit et la future maman prend du poids. La pression abdominale s’accroît et les organes viennent appuyer plus fortement sur le périnée. En plus de sa fonction de barrière de sécurité, le rôle du périnée est aussi de comprimer l’urètre pour stopper l’urine. S’il se distend sous l’action de la fatigue, il va avoir de plus en plus de difficultés à assurer cette fonction.

relâchement du périnée et femme enceinte

Après la naissance

Bébé est enfin arrivé ! L’accouchement s’est bien passé même si quelques petits désagréments se sont peut-être invités à l’événement. Lorsque le bébé est expulsé, il arrive que la partie postérieure du vagin se déchire. C’est la raison pour laquelle l’obstétricien préfère souvent pratiquer une épisiotomie. C’est une incision sur la zone postérieure du périnée, destinée à éviter une déchirure génito-anale.

Il arrive également que le bébé endommage au passage le nerf pudendal qui commande l’ouverture et la fermeture des sphincters.

La ménopause

La ménopause apparaît aux alentours de 50 ans. Cet arrêt des règles induit une forte diminution des œstrogènes et de la progestérone. C’est ce changement de métabolisme qui est responsable de la perte de tonus du périnée, de l’amincissement de la muqueuse vésicale, de la tonicité des tissus du vagin. Plus récemment, on a découvert qu’il existait un lien entre l’arrêt des règles et la diminution du collagène et de sa synthèse par notre organisme. Quand on parle de collagène, on l’associe souvent aux rides et au vieillissement de la peau. On sait peut-être moins que cette protéine est très présente dans le tissu des ligaments qui soutiennent l’urètre.

Les causes de l’incontinence urinaire sont ainsi bien plus nombreuses chez les femmes. Mais ce n’est pas inéluctable ! Si on traite l’incontinence par rééducation pelvienne ou chirurgie ou si on la prévient par gymnastique périnéale, il est tout à fait possible d’échapper à l’incontinence urinaire ou d’en réduire notablement les effets.

N’attendez pas et parlez-en à votre médecin ! 

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