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Traitement de l'énurésie: il y a des solutions!

Posté le 29/11/2017 par Barbara | Infirmière conseil

Traitement de l’énurésie : comment procéder ?

Énurésie... le nom savant du « pipi au lit », cauchemar des enfants qui ont peur de passer pour des bébés, mais aussi celui des parents qui s’inquiètent. Comment faire face au problème ?

Nombreux sont ceux (parents et enfants) qui ont été confrontés au pipi au lit ! Chez le jeune enfant (jusqu’à 4 ou 5 ans), l’accident est courant et ce type d’« oubli » n’a pas forcément à voir avec l’énurésie. On ne peut parler d’énurésie que chez un enfant de plus de 5 ans qui mouille ses draps de façon récurrente, au moins deux fois par semaine.

Énurésie primaire, énurésie secondaire, quelle est la différence et quelles en sont les causes ?

On parle d’énurésie primaire chez un enfant qui, passé l’âge de 5 ans, n’a jamais été propre la nuit. Elle touche 10 à 15 % des enfants de 5 ans, 6 à 8 % des enfants de 8 ans, et tombe à 1 à 2 % chez les adolescents de 15 ans. Deux causes peuvent être responsables de l’énurésie primaire :

– une vessie immature qui tarde à trouver ses marques de fonctionnement

– un sommeil trop profond qui empêche le réveil en cas de miction

– un facteur génétique (parents touchés par l’énurésie pendant l’enfance)

 

On parle d’énurésie secondaire lorsque l’enfant, après avoir connu une période de maîtrise de continence d’au moins 6 mois, « retombe » dans l’incontinence nocturne. Ce type de régression trouve souvent sa source dans des problèmes psychologiques, divorce des parents, décès dans la famille, mais aussi, naissance d’un petit frère, déménagement, échec scolaire, problèmes relationnels à l’école...

Que peut-on faire ?

Les causes de l’énurésie primaire et de l’énurésie secondaire étant très différentes, les traitements le seront aussi.

Énurésie primaire

Une fois l’énurésie primaire diagnostiquée, il convient de ne pas culpabiliser l’enfant, de le rassurer. Les parents devront veiller à créer les meilleures conditions pour permettre la continence : ne pas faire boire l’enfant avant le coucher, l’engager à se rendre aux toilettes régulièrement, laisser une veilleuse la nuit pour permettre à l’enfant de se rendre aux toilettes sans appréhension.

L’usage systématique de couches n’est pas conseillé, mieux vaut protéger la literie avec une alèse et laisser l’enfant faire l’apprentissage de ses envies.

En cas de sommeil trop profond, il existe un dispositif intéressant qui consiste en une sonde (accrochée sur la culotte de pyjama ou sur le drap) qui déclenche une alarme sonore en cas d’humidité ambiante. L’alarme tire l’enfant du sommeil qui peut ainsi se rendre aux toilettes pour achever sa miction.

Énurésie secondaire

Si les causes physiologiques ont déjà été écartées par votre médecin, vous êtes peut-être face à une énurésie dite secondaire. Ici, la psyché est en cause. Existe-t-il des changements au sein de la famille qui pourraient chambouler votre enfant ? Privilégiez le dialogue avec lui pour tenter de comprendre. Si vous ne parvenez pas à identifier les causes du malaise ou si vous vous sentez trop impliqué… N’hésitez pas à faire appel à un professionnel. Qu’il soit psychologue ou pédopsychiatre, son soutien peut s’avérer précieux pour les parents. Ils ne sont en effet pas toujours les mieux placés pour dénouer les fils de la situation. Le thérapeute vous indiquera s’il lui semble opportun de débuter une psychothérapie ou si quelques séances seulement peuvent remettre votre enfant sur le chemin de la sérénité.

Et les médicaments ?

Ils existent. Même si les effets secondaires tendent à les conseiller avec beaucoup de prudence… Ils ne peuvent être prescrits avant l’âge de 6 ans, et seulement si toutes les autres méthodes ont échoué.

 3 types de traitements sont utilisés :

– la desmopressine, substance proche de l’hormone antidiurétique. Ce médicament a pour but de réduire la production d’urine durant la nuit.

– l’oxybutynine, un antispasmodique urinaire. Ce médicament est prescrit en cas d’échec des autres traitements, principalement chez des enfants dont la vessie est de trop petite capacité. Le traitement est long, au minimum de 3 à 6 mois et plusieurs années de traitement sont quelques fois nécessaires.

 – les antidépresseurs, utilisés dans le but de réduire l’activité de la vessie. Les antidépresseurs sont utilisés en tout dernier recours.

 

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