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Enurésie chez l'enfant

Faut-il s’en inquiéter ? 

Faire « pipi au lit » fait partie des phases normales de l’apprentissage de l’enfant. Mais au-delà d’un certain âge, mieux vaut être vigilant pour identifier les causes éventuelles de l’énurésie.
Faire pipi au lit, faut-il s'en inquiéter?

L’énurésie des enfants est sujette à bien des controverses. En effet, chacun a son idée sur la question et sur la conduite à tenir. De sa meilleure amie à belle-maman, les principes d’éducation évoluent avec les générations. Pas toujours simple de démêler les bons des mauvais conseils. Alors à quel âge le petit Noé est-il censé arrêter de faire pipi au lit ? 2 ans ? 5 ans ? Faut-il lui laisser les couches ? Faut-il le gronder le responsabiliser ou le rassurer ? Voici quelques réponses à vos interrogations pour commencer par ne plus s’inquiéter.

Quel est l’âge de propreté ? 

Cet âge est très variable d’un enfant à l’autre. Si certains sont déjà propres à deux ans, d’autres en revanche, ont encore une couche pour dormir à 5 ans…

La médecine considère que 5 ans sont l’âge auquel on doit pouvoir se passer de couches et maîtriser ses envies de pipi. Au-delà de cet âge, on peut donc parler d’énurésie. Mais, ce stade des 5 ans n’est qu’une indication et ne doit pas cristalliser les inquiétudes des parents.

Qu’est-ce que l’énurésie ?

L’énurésie définit le fait de ne pas pouvoir maîtriser sa miction à un âge où nous sommes censés le faire.

L’énurésie, qu’elle soit nocturne (pipi au lit) ou diurne (pipi dans la culotte), se divise en plusieurs types :

  • On parle d’énurésie primaire lorsque passé le cap des 5 ans, l’enfant n’est toujours pas propre.
  • On parle d’énurésie secondaire lorsque l’enfant a amorcé une phase de propreté d’au moins six mois consécutifs, puis se remet à faire pipi au lit.
  • Lorsque l’énurésie persiste au-delà de 15 ans, on parle d’énurésie adulte.

Comment soigner l’énurésie ?

L’énurésie se traite. Mais traiter l’énurésie, c’est avant tout traiter les causes.

La première préoccupation du médecin sera de déceler d’éventuels dysfonctionnements physiques (malformations, vessie irritée, infection urinaire…) qui, s’ils sont constatés, seront traités par les médicaments (infections) ou la chirurgie (malformation).

Quand les causes physiques sont écartées, le médecin s’attache à trouver la source de l’énurésie.

 En cas d’énurésie primaire, peuvent être en cause : 

  • l’hérédité, première cause de l’énurésie primaire. 
  • l’immaturité de la vessie. L’immaturité vésicale est un retard des réflexes neuromusculaires contrôlant la vessie.
  • un trouble de l’hormone antidiurétique (ADH) laquelle est responsable de la production d’urine.
  • un seuil de réveil élevé, chez l’enfant qui explique que l’envie de faire pipi ne suffise pas à le tirer de son sommeil.

En cas d’énurésie secondaire, les causes sont souvent d’ordre psychologique : 

  • bouleversements familiaux (divorce, décès, naissance…)
  • Problèmes dans le cadre de l’école.

Les traitements et méthodes possibles

Hygiène et règles de vie

  • éviter de faire boire l’enfant avant le coucher
  • lui apprendre à écouter son corps et sa vessie
  • ne pas mettre l’enfant dans des situations où il aurait « à se retenir »
  • l’inciter à se rendre aux toilettes régulièrement
  • installer une veilleuse dans sa chambre pour faciliter ses levers nocturnes

Et surtout, ne pas le gronder ou le culpabiliser ! En dédramatisant, l’énurésie passe souvent toute seule au bout d’un moment.
Écoute et dialogue.

Traitement médicamenteux

Ils ne seront en général utilisés qu’en second recours, si les changements d’hygiène de vie n’ont eu aucun effet sur l’énurésie. Ces traitements consistent en la prise de comprimés de desmopressine ou d’antidépresseurs.

Prise en charge psychologique

En cas d’énurésie, la prise en charge psychologique peut se faire :

Par les parents.

D’abord et avant tout, cette prise en charge doit se faire par les parents, qui auront à cœur de dédramatiser la situation, de ne pas gronder ni brimer l’enfant, mais au contraire d’être à l’écoute et dans le dialogue. Des petits livres éducatifs amusants existent, qui peuvent être d’un grand secours.

Par un pédiatre, un pédopsychiatre ou un psychologue.

D’autre part, la prise en charge peut se faire par un spécialiste qui, par le biais de jeu et de dessins, pourra amener l’enfant à se livrer. Il pourra conseiller utilement l’enfant, mais aussi les parents, quant à la conduite à tenir.

Le secours de la technologie 

Il existe des dispositifs qui peuvent aider à traiter l’énurésie nocturne : l’alarme « stop pipi ». Il s’agit d’un appareil muni d’une sonde reliée au pyjama ou à l’alèse de l’enfant qui détecte les premières gouttes et émet un signal sonore. L’enfant est tiré de son sommeil et peut se rendre tout seul aux toilettes. Ce dispositif peut être testé plusieurs semaines si votre enfant a au moins 5 ans. Et s’accompagner d’un dialogue permanent sur les progrès constatés ou à venir.

N’oubliez pas que votre médecin est le plus à même de vous accompagner vous et votre enfant sur le chemin de la propreté.
Demandez de l'aide à votre médecin.

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