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Incontinence à l’adolescence

Posté le 29/11/2017 par Julie | Infirmière

Incontinence à l’adolescence

L’expression « pipi au lit » est très dégradante et pourtant, elle concerne encore 3% des jeunes. Ce symptôme peut cacher plusieurs autres troubles et un diagnostic précoce offre de meilleures chances à l’adolescent de se débarrasser du problème.

Comment reconnaitre l’incontinence à l’adolescence ?

Chez l’adolescent, il est plus approprié de parler d’énurésie. C’est d’ailleurs le terme qui désigne l’impossibilité de maitriser sa vessie quand on n’a plus 5 ans. On reconnait cette incontinence à l’écoulement involontaire du contenu de la vessie, le plus souvent la nuit. L’énurésie est alors catégorisée comme secondaire lorsqu’elle survient après que l’adolescent ait déjà été propre dans l’enfance. Elle est primaire si elle a toujours été présente depuis tout petit. C’est cette forme de rechute que vivent ces adolescents souffrant en plus du mal-être que le symptôme procure.

Les causes de l’incontinence

Chez les jeunes de 12 ans et plus, l’incontinence n’a pas qu’une seule cause. Elle est facile à reconnaitre mais la recherche de l’étiologie peut prendre du temps. Plusieurs hypothèses sont évoquées pour trouver la cause première : des anomalies au niveau de l’appareil urinaire, des troubles de fonctionnement de la miction, des troubles du sommeil, des problèmes psycho-affectifs… Ces difficultés sous-jacentes peuvent être l’une ou l’autre plus dominante. Les parents et les éducateurs devraient comprendre le mécanisme psychique derrière toute énurésie et de ne pas se focaliser sur le trouble, encore moins le dénigrer. En instaurant un bon dialogue, on comprend vite qu’il s’agit plutôt d’une régression et d’un besoin de sécurité. L’adolescent a donc plus besoin qu’on l’aide à exprimer ses peurs, ses angoisses, ses soucis, et dans la majorité des cas, cela résout le problème.

L’incontinence chez l’adolescent est elle un phénomène inquiétant ?

L’incontinence urinaire peut néanmoins continuer à sévir. Pourtant, cela ne doit pas trop inquiéter les parents. L’exploration des causes organiques peut révéler d’autres maladies. Par exemple, si les urines sont abondantes pendant la nuit, on peut penser à une hyperactivité de la vessie due à de mauvaises habitudes alimentaires (aliments excitants, boissons). Cela peut aussi être dû à l’absence de sécrétion d’ADH, l’hormone antidiurétique, qui réduit le volume urinaire pendant la nuit. Le syndrome d’apnée du sommeil peut aussi causer cette polyurie. On peut penser à une vessie de petit volume, ou à un trouble de l’éveil qui empêche de sentir que la vessie est déjà pleine. Des pathologies comme les troubles de l’attention avec hyperactivité chez les enfants sont susceptibles de faire des énurétiques plus tard. Notons aussi que le facteur de l’hérédité peut être impliqué. En explorant un peu du côté des parents, on arrive parfois à comprendre la raison de l’énurésie.

Quels traitements chez l’adolescent ?

La prise en charge de l’incontinence chez l’ado implique des médicaments et de la thérapie comportementale en fonction des hypothèses de diagnostic. Parmi les médicaments efficaces, on compte la desmopressine. Un quart des cas sont résolus par la simple amélioration du mode de vie (pas de boissons en soirée mais plutôt le matin, uriner régulièrement) ou l’utilisation d’alarmes sonores pendant la nuit.