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Dossier Incontinence 1ère partie : Causes et Mécanismes

Dossier Incontinence 1ère partie : Causes et Mécanismes

Nous accompagnons nos clients au quotidien afin qu'ils puissent vivre au mieux avec leurs problèmes d'incontinence. Afin de mieux comprendre ce qu'est l'incontinence, ses facteurs et comment mieux vivre avec, nous vous proposons un dossier en plusieurs partie pour faire tomber les idées fausses et trouver les solutions adaptées.

S’il est si difficile de faire face à l’incontinence, c’est certainement parce qu’elle touche à l’un des tabous de notre société : les déchets corporels – l’urine et les selles. Considérée comme particulièrement honteuse, elle est souvent tue par ceux qui en souffrent. Et pourtant, ces troubles sont loin d’être rares, et ne concernent pas uniquement les personnes âgées. Plus fréquents chez les femmes en raison des traumatismes liés à l'accouchement, ils concernent plus de trois millions de Français pour l’incontinence urinaire, et un million pour l’incontinence fécale. Bien que sans conséquence sur la santé, l’incontinence peut être à l’origine d’une véritable souffrance : la vie sociale, affective et amoureuse en pâtit, sans compter qu’un tel handicap a souvent tendance à entamer sérieusement la confiance en soi. Toutefois, ce n’est pas une fatalité : une prise en charge médicale peut résoudre les problèmes – ou au moins les réduire énormément. Comment réagir face à l’incontinence d’un proche ? Quels conseils lui donner ? Comment l’aider à vivre son handicap au quotidien ?

incontinence et maladie

Les mécanismes de l’incontinence

L’INCONTINENCE URINAIRE : SOUS UN MÊME NOM, DIVERS SYMPTÔMES

L’incontinence urinaire d’effort

Plus fréquente chez la femme que chez l’homme, ce type d’incontinence correspond à ce que l’on appelle communément les « fuites urinaires ». Il est lié la plupart du temps à un affaiblissement des muscles du pelvis et du périnée, ou à une insuffisance du sphincter urinaire. Il suffit alors d’un effort physique brusque ou vigoureux – un éternuement, un éclat de rire, un accès de toux – pour provoquer la fuite de petites quantités d’urine.

L’incontinence urinaire par impériosité (ou par miction impérieuse

Les muscles de la vessie sont « hyperactifs » : la moindre stimulation (sensation de froid, bruit d’eau qui coule, envie de rire) provoque des contractions. Votre proche a alors du mal à retenir une soudaine envie d’uriner et doit se rendre aux toilettes immédiatement.

L’incontinence urinaire par regorgement

Comme son nom l’indique, cette forme d’incontinence se caractérise par une rétention involontaire d’urine entraînant un trop-plein de la vessie. Ce trouble est dû la plupart du temps à une obstruction des voies urinaires ou à un dysfonctionnement de la commande nerveuse de la vessie.

L’incontinence fonctionnelle

Particulièrement fréquente chez les personnes âgées, l’incontinence fonctionnelle est liée à une baisse des fonctions mentales et de l’habileté physique. Le plus souvent, la personne connaît des difficultés de déplacement qui l’empêchent de se rendre aux toilettes aussi souvent et aussi facilement qu’elle le voudrait.

L’incontinence totale

L’écoulement d’urine est alors continu et totalement incontrôlable. Ce type d’incontinence est généralement dû à un traumatisme physique, comme une atteinte des os du bassin ou une intervention chirurgicale.

l’énurésie

C’est le fameux « pipi au lit ». Chez les enfants en bas âge, c'est un phénomène normal, qui fait partie du processus d'apprentissage de la propreté. Après l'âge de six ans, si cette forme d'incontinence est régulière, voire fréquente, elle est peut-être la conséquence d'un problème physiologique ou psychologique.

L’INCONTINENCE FÉCALE

L’incontinence fécale peut être due à trois grands types de dysfonctionnement : il peut s’agir d’une atteinte du rectum qui ne joue alors plus son rôle de réservoir (après une intervention chirurgicale par exemple), d’un affaiblissement des muscles des sphincters anaux (dû au vieillissement ou à un accouchement traumatique), ou d’une dégénérescence neurologique affectant les nerfs qui commandent ces sphincters (sclérose en plaques, maladie de Crohn…). Dans ces deux derniers cas, la fermeture du canal anal n’est plus correctement assurée. Comme dans l’incontinence urinaire, tout ce qui exerce une pression abdominale – la toux, le rire, un violent effort physique – peut favoriser une excrétion incontrôlée. Sans oublier que le stress, les intoxications alimentaires, un changement de climat et de régime peuvent provoquer des diarrhées, de même qu’une infection bactérienne ou virale.

Les causes de l’incontinence

INCONTINENCE URINAIRE : DES FACTEURS DE RISQUE TRÈS DIVERS

les causes anatomiques : les femmes plus touchées que les hommes

Grossesse, accouchement… Certains épisodes, dans la vie d’une femme, ont tendance à stresser l’ensemble de l’abdomen, notamment la vessie (descente de vessie), et à détendre les muscles du périnée. Il en résulte une perte de tonicité du « plancher pelvien » censé contrôler la miction. Certaines opérations peuvent également mener à un affaiblissement des muscles périnéaux : chirurgie gynécologique chez la femme, ablation de la prostate chez l’homme…

les causes hormonales : le tournant de la ménopause

Au moment de la ménopause, la quantité d’œstrogènes présente dans le sang baisse significativement. Ces variations hormonales ont pour conséquence la baisse du tonus musculaire au niveau du périnée : il devient plus difficile de se retenir d’uriner.

les causes neurologiques : les lésions cérébrales en première ligne

La plupart des maladies du système nerveux (Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques…) entraînent une perte progressive du contrôle des sphincters et des muscles de la vessie (muscles vésicaux). Ceux-ci risquent alors de se relâcher de façon intempestive.

les causes pathologiques : les hommes menacés par les troubles de la prostate

Prostatites, hyperplasies bénignes ou cancers de la prostate sont des affections masculines très fréquentes passé un certain âge. En comprimant l’urètre, ces troubles peuvent occasionner une incontinence par regorgement. Dans le cas du cancer de la prostate, c’est aussi bien la maladie en elle-même que le traitement par radiothérapie qui est en cause. D’où l’importance de pouvoir agir rapidement sur la tumeur, de façon à éviter une opération trop lourde par la suite. Chez les femmes, les infections urinaires et cystites à répétition ont pour effet d’irriter la vessie qui a alors tendance à se contracter fréquemment : votre proche est pris d’une envie soudaine et irrépressible d’uriner.

les autres causes

Constipation sévère, toux chronique, anxiété, excès d’alcool ou de boissons caféinées, obésité, port de charges lourdes… Tout ce qui est susceptible d’irriter la vessie ou d’exercer une pression au niveau de l’abdomen peut être considéré comme un facteur favorable à l’incontinence.

INCONTINENCE FÉCALE : UNE ORIGINE PHYSIQUE OU NEUROLOGIQUE

les traumatismes physiques

Comme dans le cas de l’incontinence urinaire, l'accouchement est un moment particulièrement critique pour les sphincters anaux. De la même façon que les muscles du périnée, ils perdent alors de leur tonicité et ne peuvent plus assurer la fermeture du canal anal. De même, certains traumatismes ou actes chirurgicaux fragilisent la zone anale et peuvent occasionner une incontinence fécale. C’est le cas de certaines opérations des hémorroïdes, d’irradiations localisées ou d’abus sexuels.

les causes neurologiques

De la même façon que pour l’incontinence urinaire, certaines pathologies neurologiques ont tendance à provoquer une perte de maîtrise des mécanisme de continence (contrôle des sphincters et des muscles du périnée). L’excrétion incontrôlée de selles peut alors témoigner d’une dégénérescence neurologique de type sclérose en plaques, maladie de Parkinson, ou encore neuropathie périphérique diabétique.

les autres causes

L’incontinence fécale peut également découler d’une autre pathologie – prolapsus du rectum ou cancer du rectum le plus souvent – qu’elle peut contribuer à révéler.

Sources

Sites internet

Articles et ouvrages