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Dossier Incontinence 2ème partie : Vivre avec au quotidien

Dossier Incontinence 2ème partie : Vivre avec au quotidien

Suite de notre dossier sur l'incontinence. Récemment nous vous dévoilions des chiffres récents sur l'incontinence et comment les patients vivaient avec au quotidien. Le sentiment de honte et de détresse est souvent exprimé lorsque l'on souffre d'incontinence et bien souvent c'est un sujet tabou que l'on n'ose pas aborder. Cette seconde partie constate ce tabou et cette gêne et a pour objectif de montrer comment mieux vivre avec au quotidien.

incontinence et maladie

Affronter le tabou

EN PARLER

Pas facile de parler de ce handicap à un proche – fils, sœur, conjoint. Pudeur, honte, gêne… Véritable sujet tabou dans nos sociétés, l’incontinence est vécue comme particulièrement humiliante. Pourtant, ce trouble est loin d’être rare puisqu’on estime que près d’une femme sur deux connaîtra des problèmes d’incontinence urinaire au cours de sa vie. Quant à l’incontinence anale, elle touche près de 10% des adultes à des degrés divers. La plupart du temps, les personnes touchées n’osent en parler ni à leur famille, ni à leur médecin, et supportent en silence. Engagez vous-même le dialogue si vous soupçonnez des problèmes d’incontinence chez votre proche. Profitez par exemple de la séance de lessive pour aborder le sujet. Dédramatisez la situation en assurant votre parent que ce genre de troubles est beaucoup plus fréquent qu’il n’y paraît, et qu’il suffit parfois de quelques exercices pour que tout rentre dans l’ordre.

CONSULTER UN SPÉCIALISTE

- incontinence urinaire

Difficultés à se retenir d’uriner, épisodes récurrents d’énurésie (« pipi au lit »), fuites urinaires… Quels que soient les troubles dont il est victime, encouragez votre proche à consulter un urologue. Ce spécialiste de l’appareil urinaire saura diagnostiquer le type d’incontinence au moyen d’un bilan urinaire et urodynamique.

- incontinence fécale

En cas d’incontinence fécale, votre proche devra consulter un gastro-entérologue ou un proctologue (spécialiste des maladies de l’anus et du rectum) qui établira un diagnostic et proposera un protocole d’action. Toucher rectal, échographie, manométrie (mesure de la capacité du rectum, de l’efficacité des muscles et des sphincters), défécographie… A l’heure actuelle, nombreux sont les moyens d’investigation auxquels le spécialiste pourra avoir recours pour diagnostiquer précisément le dysfonctionnement.

Mieux vivre l’incontinence au quotidien

L’INCONTINENCE URINAIRE : APPRENDRE À LA GÉRER

- maintenir son corps en bonne forme

Sachez que l'embonpoint favorise l’incontinence : l’excès de poids exerce une pression supplémentaire sur les muscles vésicaux, qui auront alors tendance à s’affaiblir. Retrouver ou conserver un poids correct sera donc pour votre proche un atout non négligeable dans la lutte contre l’incontinence.

- prévenir les « accidents »

En allant aux toilettes régulièrement, de façon préventive, votre proche limite les risques de fuites incontrôlées – notamment en cas d’incontinence urinaire d’effort.

- les règles de diététique

Etant donnée son incontinence, votre proche aura certainement le réflexe de réduire sa consommation de boissons. Mais la plupart du temps, les conséquences de ces mesures spontanées ne sont pas celles auxquelles on pourrait s’attendre : les problèmes d’incontinence ne sont pas résolus, bien au contraire (boire peu a tendance à irriter la vessie et à renforcer l’impression d’envie d’uriner), et votre proche se déshydrate peu à peu. Il importe donc de continuer à boire de l’eau régulièrement. Encouragez-le à boire de préférence lorsqu’il est chez lui ou à proximité de toilettes dans les heures qui suivent. De la même façon, si votre proche est sujet à l’incontinence nocturne, conseillez-lui de reporter la majorité de sa consommation sur la première partie de la journée. On recommande généralement de ne pas boire – ou peu – après 18h.

- des protections adaptées

Pour les personnes souffrant d’incontinence urinaire, il existe toute une gamme de protections, développée par les fournisseurs de matériel médical. Serviettes ou slips absorbants, culottes en plastique, coquilles, slips de maintien, alèses… Ces protections s’adaptent à tous les types de morphologie et à tous les types d’incontinence. Elles permettent, grâce à leur pouvoir absorbant, de recueillir les éventuelles fuites urinaires tout en assurant confort et discrétion. Plus perfectionnés, et parfaitement adaptés à l’incontinence urinaire masculine dite « totale » (écoulement continu et incontrôlable d’urine), les étuis péniens se présentent sous la forme d’une gaine à placer autour du pénis. L’étui est raccordé à un tuyau à laisser courir le long de la jambe. Ce dispositif permet de recueillir le flux des urines dans une poche de plastique fixée au niveau du mollet. Bien qu’il requière un certain temps d’adaptation et interdise le port du short, ce système garantit autonomie et discrétion. Sur un autre modèle, le « bouchon intra-urétral » est un petit cylindre à insérer dans l’urètre pour empêcher la miction. Il suffit de tirer sur une cordelette pour déboucher le petit cylindre et pouvoir uriner. Ce large panel de protections de tous types permettra à votre proche de conserver une certaine indépendance et de continuer à mener une vie sociale satisfaisante.

L’INCONTINENCE FÉCALE : Y FAIRE FACE JOUR APRÈS JOUR

- quelques mesures quotidiennes

Sans pour autant résoudre le problème d’incontinence, certaines mesures simples peuvent aider à réduire le risque de fuites anales incontrôlées. Le principal conseil à donner à votre proche serait de prendre l’habitude d’aller à la selle chaque matin, de façon à vider le rectum pour la journée. Juste avant, un massage abdominal permet d’aider à l’évacuation des selles. Enfin, l’évacuation digitale peut s’avérer nécessaire si la totalité des excréments n’est pas éliminée. Expliquez à votre parent que l'utilisation de ses doigts n'a rien de dégradant. A condition d'avoir une hygiène des mains irréprochable.

- utiliser des protections

Il n’existe pas de protections spécifiques pour faire face à l’incontinence fécale. Votre proche devra donc utiliser les slips absorbants conçus pour l’incontinence urinaire, en faisant attention de bien choisir ceux qui proposent la capacité d’absorption maximale. Gardez cependant à l’esprit que ce type de protection ne peut en aucun cas constituer une solution pour des sorties de longue durée. Plus adaptés, mais néanmoins contraignants et souvent difficiles à supporter, les obturateurs fécaux se présentent sous la forme de tampons de mousse à introduire dans le rectum. Ils permettent ainsi la fermeture mécanique du canal anal et se retirent au bout de quelques heures à l’aide de la cordelette laissée à l’extérieur.

Reste que ces systèmes de protections, bien pratiques dans certaines situations, ne remplacent pas un vrai traitement.