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Surpoids et incontinence

Surpoids et incontinence

Le surpoids est un fléau qui touche particulièrement les pays industrialisés. Entre mauvaises habitudes alimentaires et manque d’activités sportives, la prise de poids s’installe facilement, et figure parmi les facteurs aggravant l’incontinence.

Le surpoids, un facteur d’incontinence ?

Plusieurs études réalisées à travers le monde ont fait le rapprochement entre incontinence urinaire et surpoids. L’exemple le plus frappant est une étude réalisée aux Etats-Unis, pays particulièrement touché par les problèmes d’obésité, et publiée dans American Nurses Health Study. Elle portait sur des femmes ayant entre 37 et 54 ans. Les spécialistes ont déduit que les sujets avec un indice de masse corporelle supérieur à 35 étaient beaucoup plus exposés aux fuites urinaires que ceux de poids inférieur. Pour rappel, cette valeur est calculée en divisant le poids par la taille au carré. Pour une personne de corpulence normale, le résultat variera entre 18,5 et 25. Entre 25 et 30, la personne est dite en surpoids. Au-delà de 30, on peut parler d’obésité. Logiquement, le surplus de gras se situe au niveau de l’abdomen qui, à son tour, exercera une pression beaucoup plus importante, fatiguant par la même occasion le plancher pelvien.

Perdre du poids peut-il limiter les risques d’incontinence ?

Si le surpoids n’est pas forcément la cause de l’incontinence, il est très clairement un facteur aggravant. Le processus fonctionne toutefois dans les deux sens. Perdre du poids peut considérablement réduire les épisodes d’incontinence urinaire. Cela a été démontré par une étude menée en 2005 et intitulée « Weigh loss : a novel and effective treatment for urinary incontinence ». Au cours de cette étude, des femmes en surpoids ont suivi un régime calorique. Il a été constaté que dans les six mois suivant la perte de poids, leurs problèmes d’incontinence urinaire ont chuté de 54 %. Des résultats ont été notés pour une perte de poids de 5 à 10 % seulement. Pour certaines personnes, un régime restrictif ne suffit plus. Le recours à la chirurgie bariatrique devient nécessaire. Mais les résultats sont formels. La perte de poids suite cette opération limite les fuites.

La place de la pratique sportive

C’est peut-être un cliché, mais oui, une personne obèse, souffrant également d’incontinence, a vraiment besoin d’exercices physiques. Se laisser aller et prendre du poids affaiblissent les muscles, et donc par extension les sphincters, ce qui constitue un cercle vicieux. La prise de poids va entraîner un début d’incontinence. La gêne quotidienne diminuera son envie de pratiquer une activité physique. Moins il fera de sport, plus il prendra du poids… Pour en sortir, il est vital d’y aller très doucement et progressivement. On commence par des exercices très simples : une marche de 20 à 30 minutes par jour, prendre l’escalier au lieu de l’ascenseur, etc… Nager est également très recommandé car les exercices sont plus agréables et plus faciles à exécuter grâce au support de l’eau. On peut également reprendre le contrôle des sphincters en faisant travailler les muscles périnéaux (entre les cuisses) en s’aidant des exercices de Kegel. Pour cela, il faut serrer au maximum les orifices et tenir le plus longtemps possible.